Le Brésilien Bolsonaro : le visage du populisme sur le forum Davos

Le président Trump est le plus grand absent de la conférence du Forum économique mondial en de Davos. Le tout nouveau leader brésilien, Jair Bolsonaro, est donc intervenu mardi pour reprendre le flambeau populiste. Comme M. Trump l’a fait en 2015, M. Bolsonaro a tenté de lisser les contours du discours l’a porté à la présidence l’automne dernier. Il a présenté le Brésil au public aisé rassemblé dans cette station de ski alpin, insistant sur le climat des affaires et les opportunités données aux investisseurs. Il a également mis l’accent sur son plan pour éradiquer la corruption généralisée dans son pays.

M. Bolsonaro a également déclaré que le Brésil purgerait l’idéologie de gauche de sa politique et de sa société. « Nous représentons un tournant aux yeux des Brésiliens, un tournant où il n’y aura plus de prédisposition idéologique contraire à celle du peuple », a déclaré M. Bolsonaro dans une brève allocution « Notre slogan est Dieu au-dessus de toutes choses ».

Avec ses impulsions nationalistes assumées, sa conception de l’homme politique providentiel et ses déclarations polémiques sur les femmes, les autochtones et les homosexuels, M. Bolsonaro reste à bien des égards l’antithèse extrême d’un « homme de Davos », terme utilisé par les analystes pour désigner le profil typique de dirigeant qui se prononce chaque année à Davos.

L’ascension d’un populiste au Brésil

Bolsonaro est un ancien officier de l’armée, âgé de 63 ans, dont le succès a été porté par la déception des Brésiliens face à leur élite gouvernementale corrompue. Il a déjà restreint assoupli les restrictions sur les armes, remis en cause les droits des lesbiennes et des gays et mis les ONG sous un contrôle plus strict. En novembre, à la demande de M. Bolsonaro, le Brésil a retiré sa promesse d’accueillir la Conférence internationale des Nations Unies de 2019 sur le réchauffement climatique. Tout au long de son projet électoral, de nombreuses personnes ont craint qu’il ne se retire de l’Accord de Paris sur l’environnement, ce qu’il n’a pas (encore ?) fait.

Mardi, M. Bolsonaro a fermement insisté sur le fait que le Brésil « agirait en cohérence avec le monde, en synchronisation avec la communauté internationale » pour réduire les émissions de carbone. « Ceux qui nous critiquent ont beaucoup de choses à découvrir sur nous », a-t-il ajouté.

M. Bolsonaro et M. Trump se sont cultivés avec assiduité, et les parallèles entre eux sont parfois frappants. M. Bolsonaro est fier d’avoir gagné « malgré le fait d’avoir été injustement agressé tout le temps », faisant écho à la stratégie de M. Trump à l’égard des médias. Après l’entrée en fonction de M. Bolsonaro, M. Trump a tweeté : « Félicitations au président @JairBolsonaro qui a tout simplement fait un discours d’inauguration fantastique – les États-Unis sont avec vous ! ». M. Bolsonaro répondit rapidement : « Ensemble, sous la protection de Dieu, nous apporterons le succès et le développement à nos peuples ! »

M. Trump a annulé sa participation cette année. Ceux qui souhaitaient s’entretenir avec l’administration Trump devaient utiliser une conférence vidéo avec le secrétaire d’État Mike Pompeo, qui a parlé depuis la véranda du département d’État, le Lincoln Memorial. M. Pompeo a fourni un résumé fidèle de la diplomatie de M. Trump, « America First », avec des mots extrêmes pour l’Iran et la Chine. Il a informé l’auditoire que l’élection de M. Trump était une réaction saine des citoyens qui en avaient marre des dirigeants politiques plus conventionnels mais inefficaces, notamment en Grande-Bretagne, en France, en Italie et au Brésil.

Le Premier ministre britannique Theresa May, qui s’occupe du BREXIT, et le président français Emmanuel Macron, qui fait face à une vague de mécontentement de la part des manifestants des « Gilets jaunes », ont tous deux évité la conférence de cette année. M. Pompeo a déclaré que les critiques de l’administration Trump n’étaient pas prêts à faire face à la difficulté de réformer des organisations mondiales comme les Nations Unies.

Un nouvel ordre mondial à Davos ?

Alors que les piliers de la Silicon Valley, comme Facebook et Salesforce, ont mis en place des structures géantes pour promouvoir leurs marques, l’enseigne la plus importante vient d’Arabie Saoudite, qui a utilisé le côté d’un hôtel pour inciter les visiteurs à investir dans le Royaume. La conférence financière de l’Arabie saoudite, appelée Davos in the Desert, a été frappée par une vague d’annulations en octobre après que les services de renseignements ont établi un lien entre le parrain de la conférence, le prince héritier Mohammed bin Salman, et le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi.

Des annonces concernant le Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la réponse du président Vladimir V. Poutine à Davos, étaient également visibles. Les journées consacrées à l’économie chinoise ont enregistré des affluences record. Les États-Unis ont gardé un profil bas cette année, mais le pays a « hanté » l’évènement.